(par Joel Palmace et Eric Lebreton)

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Une belle et grande classique Flamande, un monument du cyclisme !

Nous comprenons vite en arrivant à Audenarde (Oudenaarde en néerlandais) que cette course est particulière : elle est faite par des Flaments, pour des Flaments.

En arrivant, aucune indication en Anglais ou en Français mais du Flament de partout, que des voix gutturales autour de nous. Quelques étrangers sont bien présents, Italiens, Espagnols, Anglais, Français mais en grande minorité. Les belges, les néerlandais, les allemands représentent la grande majorité des participants.

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16 000 coursiers sont inscrits dans les différents parcours proposés par l’organisation allant de 74 kms à 229 kms en passant par 139 et 174 kms. Nous sommes 6 000 inscrits sur la plus longue distance avec 2 160 m de dénivelé et 16 monts à gravir au programme.

Le départ est donné le lendemain matin d’Anvers entre 7 et 8 heures, à quelques 100 kms d’Audenarde ! Un service de navette est prévu, le rdv est fixé à 5h15 pour un départ à 5h30 précise !

Nous rejoignons notre Auberge de Jeunesse et prévoyons de nous coucher tôt, la nuit va être courte ! La météo s’annonce « clémente », nous verrons bien.

Réveil à 3h15, départ de l’Auberge à 4h00, arrivée au service des Navettes à 4h45. Nous sommes dans les temps !.

Préparation du vélo et de l’équipement : pates de fruit, pates d’amande, bidons xxl, coupe-vent, couvre-chaussure, gants … il fait 5° ce matin. Le ciel est visiblement plutôt dégagé mais il encore fait nuit, difficile d’apprécier la nébulosité !

Les navettes sont bien là, un ruban de cars avec remorques, des cars néerlandais, 50 vélos par remorques, impressionnant. L’organisation est bien rodée : chargement des vélos à partir de 5h15 et départ des cars à 5h30 précise ! Parfaitement dans le timing !

1h15 de route pour rejoindre Anvers. Pas possible de fermer l’oeil dans le car, les coureurs derrière nous sont surexcités, ils parlent, ils parlent …. ils parlent encore. Des Néerlandais visiblement. A gauche des Italiens, ils parlent …. ils parlent.

6h45, nous y voilà, les cars s’arrêtent les uns derrière les autres. 5 minutes plus tard, les vélos sont déjà disponibles. Nous les enfourchons et suivons le flux ininterrompu de cyclistes, un véritable chapelet de lumières rouges et blanches, il fait toujours nuit.

Quelques kilomètres plus loin, nous apercevons la banderole indiquant la ligne de départ puis c’est l’arrêt, plusieurs centaines de coureurs sont déjà là et attendent l’heure fatidique, calmement. Une photo pour immortalisé le départ puis un bruit de pétard, le départ est donné, il est tout juste 7 heures, timing là encore respecté.

C’est parti, un flot de coursiers sur leur machines en carbone, très peu de vélo acier, des pneus de 25’’ voir de 28’’ et des jantes carbones pour certains. Beaucoup d’hommes, peu de femmes mais tout de même quelques jolies coursières …

Après quelques tours de manivelles, nous sommes stoppés net, il faut prendre une chicane à droite pour emprunter un tunnel, les coureurs passent un à un, les organisateurs « contrôlent » la présence de la plaque pour s’assurer que tous ont bien acquitté le droit de participer à la fête car il s’agit bien d’une fête du vélo.

Le tunnel s’offre à nous, légèrement descendant, nous sommes déjà à plus de 45 kms/h, les uns derrières les autres, après seulement 2 kilomètres de courses, ils sont fous, nous avons 230 kilomètres au programme !

La « course » est belle et bien lancée, nous sommes en groupe, ça roule vite, 35 kms/h de moyenne sur les 50 premiers kilomètres ! Le vent est plutôt favorable et avec plusieurs centaines de coursiers, c’est « facile ».

La route est particulière : des plaques, des jointures, des pistes cyclables, des pavés ici et là, des trous, beaucoup de trous … et des coureurs sur le bas-côté, dès les premiers kilomètres, avec la chambre à air et la pompe à la main !

Les crevaisons sont multiples et nous n’en sommes qu’au début ! Nous en verrons beaucoup tout au long du parcours.

Premier ravitaillement au kilomètre 53, un monde fou. Il faut s’arrêter quelques minutes, grignoter une barre de céréale, manger un morceau de pain d’épice, s’hydrater avec les boissons énergétiques proposées par l’organisation. Rien à dire côté organisation, ils sont au top !

C’est reparti, prochain ravitaillement km 91 ! Mais avant, il faut rouler, toujours à la même cadence et avec un groupe reconstitué au fil des kilomètres.

Et puis, ca « surprend », on ne s’y attend pas, le vélo vibre, les mains glissent, le corps en équilibre, plus de vitesse : pédaler ? s’arrêter de pédaler ? des coureurs me passent par la gauche, je suis à « l’arrêt ». Nous sommes dans le premier secteur pavé, km 89 : le Lippenhovestraat, 1300 m de pavés, les vrais ! C’est chaud, comme le dit Joël, la première fois, ça surprend !

Fin de portion pavée, arrivée au second ravitaillement. Un verre pour retrouver ses esprits, un barre de céréale et nous reprenons la route !

J’attends de voir la prochaine portion mais je me dis que monter les monts « pavés » va être une expérience probablement compliquée !

Joël me conseille de garder les mains en haut du guidon et d’absorber au mieux les chocs. Les prochaines portions devrait être plus simples. Il est vrai que le premier secteur pavé était « méchant ».

La route se poursuit toujours aussi rapidement. Nous avons repérés un groupe de coursiers belges, qui roulent « bien ». Nous nous intégrons au groupe, plutôt vers l’arrière.

Nous arrivons au kilomètre 102, première difficultés de la journée, le Leberg : 800m de montée à 4,2% avec un passage à 13,8%. Je ne sais plus si ce mont est pavé ou pas car en fait, la moitié des monts sont pavés et l’autre moitié non.

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Les monts se succèdent sans trop de difficultés … il faut juste mettre le braquet adapté et normalement ça passe. 39/26 voir 39/29 dans les portions à plus de 10%, les spécialistes apprécieront.

« Normalement », sauf dans les 3 monts qui doivent probablement être inscrits au patrimoine de l’Unesco :
- le Muur V.Geraardsbergen (700 m de pavés, 9,5% de moyenne et un passage à 19,8%),
- le Koppenberg (500 m de pavés, 9,4% de moyenne et un passage à 22%),
- le Paterberg (400 m de pavés, 12,9% de moyenne et un passage à 20,3%).

tour des flandres photo 2 BACRNormalement, nous aurions les passer à vélo même si la qualité des pavés rend la manoeuvre difficile et délicate. Cela ne passera pas … car trop de coureurs mettent pied à terre et créés rapidement un obstacle artificiel insurmontable ! Obligé de mettre pied à terre alors que nous étions là pour braver ces murs !

Dommage mais cela le Tour de Flandres ! Même certains pros ont dû le faire le lendemain notamment dans le Koppenberg !

J’allais oublier une petite pépite du Tour des Flandres, le célèbre Oude Kwaremont : 2000 mètres de pavés, 4% en moyenne avec un passage à 11,6%. Le plus dur n’est pas la montée même si le pavé peu se montrer par endroit hostile, mais la grande portion de plat puis la descente qui va suivre sont difficiles !

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Difficile de garder les mains sur le guidon, les bras n’en peuvent plus, des gourdes en quantité à droite et à gauche de la route, des pompes, un téléphone, des kits de réparation …. de quoi faite une belle brocante si tout était rassemblé !

Un passage pour nous et trois pour les pros le lendemain !. C’est là que cela se passera ! Des tentes en grand nombre, des écrans géants, des drapeaux et des affiches aux couleurs des grands leaders :

Philippe Gilbert, Greg Van Avermaet, Wout van Aert , Tiesj Benoot , … que des Belges et pour la plupart des Flamands …, c’est le lieu où il faudra être demain pour voir les pros.

Nous sommes bientôt arrivés, il ne reste plus que 20 bornes !

En fait, une fois passé les 130 premiers kilomètres et les premiers monts, nous étions dans le rythme et certains d’aller au bout. Plus que 100 bornes après tout !

Il suffit juste de bien s’alimenter, de prendre le bon groupe, de gérer l’effort, d’absorber les à coup, de monter prudemment sans jamais se mettre dans le rouge … et ça passe.

Nous terminons même les 12 derniers kilomètres à fond ! à probablement plus de 45 kms/h, tout à droite ou presque, ça envoi et nous sommes surpris de pouvoir encore le faire, avec 220 bornes dans les jambes et tout ce que nous venons d’endurer.

Voilà la longue ligne droite d’arrivée, la banderole est au bout, le final des pros, le groupe est étiré, ça roule encore très vite.

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Nous devons finalement nous arrêter à quelques mètres de la ligne car beaucoup de coureurs sont déjà là, ravi de l’avoir fait !

Les portables sont de sorti pour immortaliser le moment. Tous les groupes sont maintenant mélangés, les rouges, les verts, les noirs, un moment de communion partagé par tous.

Une bien belle épreuve !.

tour des flandres photo 5 BACRNota : nous ne regrettons pas d’avoir fait la longue distance car cela permet vraiment d’apprécier encore plus les difficultés avec les jambes déjà un peu lourdes.

 

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