Le récit de "mon Ventoux" par Jean-François

 

On m'avait dit qu'il fallait me préparer à affronter le

Le mont Ventoux par JF Viau

Finalement, la lutte n'a pas eu lieu. Le géant de Provence, ce matin-là était calme et bienveillant. 

vent et la chaleur en plus des mille six cents mètres d'ascension sur vingt-deux kilomètres ; que les pourcentages étaient terribles, que la descente était dangereuse, que certains n'arrivaient pas au sommet à cause du mistral. J'avais peur. Et puis, ce matin-là, un vent doux caressait la Provence et le Ventoux se laissait approcher paisiblement. Dans le ciel d'azur, un soleil radieux inondait les villages de Modène, de Bédouin ; les gens préparaient les concours de pétanque de l'après-midi. L'orage et les vents violents des jours précédents avaient fait place à cette atmosphère de douceur quand la lumière de fin d'été inonde les collines où frémissent les oliviers.

Bien sûr, on n'arrive pas au sommet sans efforts, mais la semaine passée en altitude favorisait la respiration. Le pédalage était fluide, la circulation automobile très discrète. Les nombreux cyclistes, comme moi, méditaient leurs impressions. Une belle route, pleine de virages, bordée de chênes verts et d'arbustes aux subtils parfums, une belle route, pentue, avec cette envie d'arriver à l'endroit où l'on sait que les cailloux vont remplacer la végétation, et, en même temps, la déception de quitter déjà cet environnement familier.

Le sommet apparaît au-dessus de moi, et, en quelques minutes, me voici dans ce paysage invraisemblable, au milieu de cette immensité pierreuse de couleur blanche que le soleil réchauffe modérément. Je monte, j'avance en regardant la plaine tout en bas. Je suis sur le balcon du monde et je monte encore les dernières rampes vers le sommet, un peu moins vite toutefois. Les jambes ne font pas mal. Le décor est grandiose et je suis là, sur mon vélo à gravir les deux derniers kilomètres avec les autres cyclistes qui, comme moi, vont vivre ce moment de l'arrivée au sommet d'où l'on embrasse toute la Provence jusqu'à la mer au Sud et jusqu'aux Alpes à l'Est puisque l'on voit la Barre des Ecrins et la Meije enneigées pourtant si loin.

J'ai mis deux heures pour l'ascension. Une heure de plus que l'idole de mon enfance Charly Gaul. Il faut parfois du temps pour réaliser ses rêves….

Certainement mon plus beau jour de cyclotouriste, une émotion jamais encore ressentie.

Merci, Géant, d'avoir été si accueillant ! Tu m'as permis, en outre, une descente somptueuse vers Malaucène. Vraiment ce Ventoux, une folie !!

Jean-François, le 28août 2011

 

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